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C. O.
19768 RECE
REGO 19 NOV 84,
M. Waddington to Earl Granville.-(Received November 5.)
M. le Comte,
Londres, le 5 Novembre, 1884. JE n'ai pas manqué de transmettre à mon Gouvernement copie de la dépêche que votre Seigneurie m'a fait l'honneur de m'adresser le 31 Octobre dernier à la suite de la notification que j'avais été chargé de lui faire du blocus d'une partie du littoral de Formose par les forces navales Françaises réunies sous le commandement de l'Amiral Courbet.
M. Jules Ferry m'accuse aujourd'hui réception de cette communication dans des termes qui ne laissent planer aucun doute sur la façon dont cette mesure doit être envisagée par les Puissances amies.
Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous l'annoncer, M. le Comte, au cours de nos derniers entretiens, il n'entre pas dans la pensée du Gouvernement de la République, en bloquant certains ports de Formose, de faire entrer la lutte qui se poursuit dans l'Extrême-Orient, dans une nouvelle phase ayant pour conséquence de l'armer, à l'égard des neutres, des droits conférés aux belligérants. La ferme résolution du Cabinet Français est de limiter strictement le blocus aux dispositions nécessaires pour interdire d'une manière absoluc l'accès des parages spécifiés dans la notification du 20 Octobre. Pas plus aujourd'hui qu'auparavant, il n'entend revendiquer le droit qui appartient aux seuls belligérants de visiter et de capturer en haute mer les bâtiments étrangers. L'action des croiseurs Français se bornera à maintenir un blocus effectif, et à en assurer le respect, soit en repoussant, soit en capturant les navires qui tenteraient d'en forcer les lignes. Ce sont là des droits que l'Angleterre, comme la France, a exercés dans des circonstances semblables en dehors de toute guerre déclarée, et dont les juridictions spéciales des deux pays ont consacré la légitimité.
Nous ne saurions done prévoir qu'un désaccord pût s'élever sur ce point, et il est à peine besoin de dire que les Commandants des forces navales Françaises s'efforceront dans la pratique de concilier, autant que possible, la rigueur de leurs instructions avec les ménagements dus au pavillon d'une Puissance amie.
Je me plais à espérer, M. le Comte, que ces explications auront pour effet de dissiper toutes les incertitudes qu'aurait pu faire naître dans l'esprit de votre Seigneurie la mesure de contrainte prise par le Gouvernement de la République à l'égard de la Chine dans les eaux de Formose, et de lui démontrer, en même temps, que le Cabinet de Paris, en ce qui concerne l'exécution de ce blocus, se trouve être en parfaite communauté d'idées avec les vues exposées par le Gouvernement Britannique dans sa note du 31 Octobre.
Veuillez, &c.
(Signé) WADDINGTON.
Earl Granville to M. Waddington.
M. l'Ambassadeur,
Foreign Office, November 11, 1884. HER Majesty's Government have had under their consideration the communica- tion which I had the honour to receive from your Excellency on the 5th instant, in reply to my note of the 31st ultimo, respecting the recent notification by your
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